20 cigarettes par jour pendant 20 ans plus tard… 32 commentaires


cigarette

De la 1ère bouffée à une paquet par jour: l’addiction

La première cigarette que j’ai fumée, je l’ai trouvée infecte, dégueulasse, gerbante, mauvaise. « Comment font-ils? » me demandais-je.

J’étais en 3ème, je crois. Assez rapidement, je suis devenue fumeuse.

Le dégueulasse-infecte avait posé ses valises dans mon existence, presque à mon insu.

Ce goût de mort puant et étouffant m’a accompagné dans tous les moments de ma vie. La cigarette m’a tenu la main dans mes joies, mes peines, les soirées avec les copains, le café du matin.

D’une clope après manger, à une avant de manger, à l’autre avant de dormir ou celle au lever, j’ai rapidement fumé 20 cigarettes par jour: entre 10 et 15 dans les journées calmes, plus d’un paquet si je sortais. Ou que je stressais.

Pendant environ 20 ans.

Un nuage de culpabilité

T’imagine, 20 ans à culpabiliser sur chaque bouffée. Enfin pas tout à fait.
Une fois que je me suis habituée à l’infect et au puant, j’ai pris plaisir à fumer. Puis passé 10 cig’ par jour, j’ai commencé à la détester.

Au point de ME détester.

Et j’ai continué, pendant des années, à détester fumer quelque chose qui me faisait me détester. Détestable!

Et plus je voulais m’émanciper de ce fléau, plus je fumais: complètement paradoxal pour un non fumeur.

« Bah tu veux arrêter, tu arrêtes, logique!« .

Pour un drogué, l’histoire du « tu te mets un coup de pied dans le cul et tu cesses tes conneries » ne fonctionne pas. En tout cas pas tout à fait comme ça. La jouissance morbide ne s’envole pas sur un simple coup de pied annal. Elle nécessite une réflexion plus profonde.

La cigarette est une drogue dure. Au début, on l’aime. Au bout d’un moment, on rêve de POUVOIR la supprimer alors même que l’on fait le tour des tabacs du quartier à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour en acheter.

Les vapeurs de désintox

J’étais complètement accro.

Pourtant, depuis des années, je ne voulais plus fumer.

Cette idée a germé dans ma tête. Pendant des mois, des années. JE NE VOULAIS PLUS FUMER.

Mais j’avais peur.

Comment allais-je survivre à une journée sans elle? Un dîner sans elle? Un petit-dèj sans elle? Papoter sans elle? Le téléphone sans elle? LA VIE SANS ELLE?

J’écoutais les ex-fumeurs raconter leur arrêt comme des rescapés de guerre, rêveuse. Rêvant moi aussi d’arrêter. SOUHAITANT PROFONDÉMENT CESSER. Et j’en allumais une.cigarette macdo

 

Substitution et désillusion

Pendant 4 jours, j’ai vapoté la e-cig. Et pas une clope.

Le 5ème jour, j’ai fumé 10 clopes, et plus jamais la moindre bouffée d’électronique.

Elle me rappelait trop à quel point fumer ne sert à rien. Qu’à faire partir sa vie en fumée. Qu’à culpabiliser. Qu’à être drogué. A rien. C’était dégueu. Mais pas assez fort. Alors hop une bonne vieille cigarette qui agresse ma gorge. Ahhh, ça va mieux!

Tant que la cigarette était synonyme de puer et me faire puer, je supportais l’insupportable.

Seulement, j’ai commencé à être essoufflée, souvent. Mon coeur battait très vite, souvent. Je faisais du sport avec difficulté. Je fumais trop. Je n’en pouvais plus. J’étais coincée, prise dans des paradoxes qui me dépassaient moi-même. Souhaiter en griller une tout en me rêvant non fumeuse. J’étais devenue un oxymore à moi toute seule. Une figure de non-style, un anti-héros. Une droguée.

Une séparation

Je venais de faire une séance de cardiotraining, il était 18H30.
A 20h, j’allais descendre au tabac.
Puis je me suis regardée en face. Sport ou fumerie intense, il était temps de choisir. Mon choix, je l’avais fait depuis longtemps. Depuis longtemps, je préparais le terrain.

Mais si je m’étais dit que samedi à 20h j’arrêtais, j’aurais pris peur. Laissant mon désir derrière moi. Alors cet arrêt,  je l’ai préparé dans les coulisses de l’inconscient.
A 20h, je ne suis pas descendue.
Le lendemain, j’ai fait mon footing et mon renforcement musculaire. Encore essoufflée, mais légère.

be free, arrêt cigarette

C’est fini, je ne fume plus. C’est dur. J’ai grossi. Je dors mal. Je suis en manque. Mais mon rythme cardiaque a baissé. Je suis calme et apaisée. Plus de crises de tachycardie. Mes temps de running se sont améliorés. Je fais du sport tous les jours. Je suis fière. Je sens bon. Je suis libre.

Je suis une ex-fumeuse, depuis un mois.

Ça n’est peut-être rien pour certains. C’est le début d’une nouvelle vie pour moi.

Parce que j’ai compris que ma volonté est plus forte que toute habitude. Et ça, ça vaut une vie.

Merci d’avoir lu ce bout de jardin intime que j’ai osé mettre en ligne aujourd’hui.

N’hésitez pas à me raconter, à votre tour, votre rapport à la cigarette: Vous aimez fumer? Vous détestez les fumeurs, les trouvant puants et ridicules? On s’en grille une? Ou on vapote? Je vous écoute!

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32 commentaires sur “20 cigarettes par jour pendant 20 ans plus tard…

  • Marion

    Bravo d’abord pour ton texte, ensuite pour ton geste. Il faut avoir beaucoup de volonté et de motivation pour arrêter de fumer, et ce que tu dis est bouleversant. ça fait plaisir de voir à quel point tu as l’air bien mieux dans ta « nouvelle vie » ! Tu as toute mon admiration (de non fumeuse, mais ça compte quand même !) mille bisous

  • Melle Blanche

    Je me sens chanceuse de ne pas avoir aimé fumer un jour.
    Par contre, j’en ai assez d’entendre sur le ton de la rigolade : « tu devrais fumer, je t’assure tu grignoterais moins, regarde comme j’ai la ligne pourtant je suis aussi gourmande que toi ».
    Ca a le don de m’exaspérer.

  • LeMerlanFrit (Fanny)

    Un mot avant tout : FE-LI-CI-TA-TIONS (en majuscule et bien découpé, c’est plus efficace encore, si si). Tu as raison d’énumérer ainsi tout ce que tu y gagnes d’ores-et-déjà. Dans quelques temps, fais-toi un calcul de ce que tu as économisé, et fais-toi un super cadeau. Perso je me suis arrêtée aux clopes dégueulasses, ça n’a jamais pris. J’en ai taxée une dans la rue des années plus tard, parce que j’étais en pétard, que j’avais envie de m’abîmer sur le coup de la colère. Mais on a tous eu des fumeurs dans son entourage. Et mon copain a fumé une époque autant que toi et pendant 15 ans. Ça fait plus de 6 ans qu’il a arrêté. Mais il dit toujours que si ça n’était pas mauvais pour la santé, il redeviendrait fumeur, il trouve toujours que c’est bon… Faut le faire, pour un truc dont tout le monde est d’accord pour dire à quel point c’est dégueulasse les premières fois ; une drogue dure, tu l’as dit ! Mon père a arrêté comme toi sur un coup de tête du jour au lendemain. Il a finit par trouver que ça puait terriblement, à en essayer une des années plus tard et ça a confirmé qu’il trouvait ça dégueulasse. Une de mes tantes a arrêté du jour au lendemain grâce à l’acupuncture. Il y a autant de parcours et de solutions qu’il doit y avoir de fumeurs.
    Je te souhaite que la suite soit de plus en plus facile, il n’y a que du bon à en tirer (dont un paquet de fierté, après t’être tant détestée) !

    • Anahita Auteur du billet

      Merci pour tous ces encouragements et bravo aussi à ton copain, ton père et ta tante.
      Comme tu le dis si bien, il y autant de façon d’arrêter que de fumeurs.
      Je ne voudrais pas que mes vêtements ou ma maison en soient imprégnés , mais l’odeur de la cigarette de quelqu’un qui fume à côté de moi ne me gêne pas: je comprends donc ton copain!

    • Anahita Auteur du billet

      Oui, la cigarette, c’est fini pour moi.
      Et ça peut l’être pour tout fumeur, il faut (juste) oser se frotter au manque, qui est, avouons-le, pas toujours simple.
      Mais réalisable, la preuve!
      Merci pour tes mots d’encouragement, bises!!

  • Makeuptwice

    Tu reviens de loin, passer de 20 cigarettes/jour à 0 d’un coup c’est super !
    Je n’ai jamais fumé donc je ne peux pas comprendre cette addiction et à quel point c’est dur d’arrêter évidemment. Mais ton texte aide à comprendre je trouve, cette logique d’auto destruction, de se détester mais de continuer pourtant.
    Je te souhaite plein de courage pour ce noueau départ sans cigarettes 🙂
    Bisous
    Elodie

    • Anahita Auteur du billet

      Merci pour tes mots d’encouragement Elodie.
      J’espère que ce texte pourra expliquer (un peu) pourquoi on est fumeur. Parce que, avouons-le, ce n’est à première vue pas simple de comprendre cette addiction infecte.
      En te souhaitant de belles vacances, je t’embrasse.

  • Le Bloc-Notes de Carmen

    Coucou Ana’! Je sais à quel point c’est difficile pour toi mais aussi à quel point tu es motivée! Je suis fière de toi, vraiment fière. Je n’ai jamais fumé, je ne connaîtrai (je l’espère) jamais cette dépendance toxique mais en ayant vu ma mère arrêter je sais à quel point c’est difficile. La prise de poids, le manque.. Bravo pour ton 1er mois sans cigarettes! Il y en aura d’autres, par centaines j’en suis sûre!
    Et le coup du « je sens bon » m’a fait sourire tant que c’est une vérité toute bête. Gros bisous d’encouragement!

  • Aileza

    Je n’ai qu’un mot à dire : Chapeau !
    Je n’ai jamais fumé, je trouvais ça trop dégueu ^^
    Je crois que tout se résume à un seul mot la volonté comme pour beaucoup de choses dans la vie, tu me diras.
    Je te souhaite de continuer et gagner définitivement le combat car c’en est un.
    Bravo ma fourmi parce que là pour arriver à ce genre de décision c’est le côté fourmi qui domine, non ? 😀
    Bises !

    • Anahita Auteur du billet

      C’est un combat, tu as tout à fait raison.
      Je dirais plutôt que c’est mon côté félin qui a pris le dessus (aucun rapport je sais¨^^)
      Bises ma belle et merci pour tes encouragements

  • joh

    😯 ! 1 mois ! Bravo tu peux être fière, ce n’est que le début de cette nouvelle vie libérée !
    Pour moi comme tu le sais ce fut ma première grossesse le déclencheur, ou plutôt la bonne excuse pour arrêter, ce que mon inconscient voulait faire depuis longtemps ! Ensuite, au delà du goût retrouvé, de ne plus sentir mauvais, de moins d’argent qui part en fumée, c’est surtout cette grande impression de liberté qui m’a submergée, plus obligée de penser à acheter un paquet pour surtout ne pas être en manque une minute, plus obligée de rythmer ma journée et mes activités par rapport à la clope, plus de fatalité…
    Bravo mon amie de toujours, avec qui j’ai commencé cette merde mais heureusement des tas de belles choses aussi, bravo, fêtons ça vite ! gros bisous

    • Anahita Auteur du billet

      Hello chère confrère!
      Je savoure cette nouvelle liberté dont tu parles.
      Mais ce que je savoure par dessus tout, c’est de pouvoir faire du sport quand j’en ai envie, de recommencer à respirer, retrouver mon corps, mon souffle…le bonheur!
      Bises ma chéwie.

  • Laura

    Que dire de plus à part Bravo, tu as réussi à te sortir de cette mélasse qui ne fait que t’empoisonner de manière incisidieuse. La clope est une vicieuse qui donne souvent une « contenance » au début (pour les plus réservés), puis un « style » et enfin nous enchaîne.

    De mon côté je suis enceinte de 7 mois et cela fait 1 mois que j’ai arrêté totalement, après avoir appris le décès d’une tante d’un AVC foudroyant.
    J’en avais assez d’allumer une clope, de ressentir un dégoût de moi même, de me dire que ma fille n’étais même pas née que j’étais déjà une mauvaise mère !

    Mon mari lui est un vrai Addict et à cédé aux sirènes de l’e-cigarette… Je ne suis pas convaincue mais c’est déjà un grand pas.

    Alors encore une fois je te félicite et merci de nous offrir un texte si poignant et si juste.

    Bises,

    Laura future maman et fumeuse repentie !

    • Anahita Auteur du billet

      Bravo Laura, j’espère que toi aussi tu tiens le coup?
      C’est tellement cool de se sentir libéré de cette drogue.
      ¨Pour ton mari, c’est déjà un grand pas qu’il ait pu se séparer de la cigarette.
      La suite viendra bientôt.
      Un gros bisou sur ton ventre de future maman, et merci pour de partager ton histoire ici, bises.

  • The Girls On Fire

    BRAVO !!! T’es une warrior ! Mes amis luttent pour arrêter et je crois que tu as trouvé « ta » façon à toi d’arrêter : du jour au lendemain. Comme mon père, après 30 ans de clopes .. Je suis Über contente pour toi <3
    Love and FREEDOM !

  • Polina

    Confidence pour confidence : j’avais complètement arrêté de fumer avec la e-cig, jusqu’à ce que je me rende compte que mon corps n’accepte pas la nicotine sous cette forme. Résultat : défoncée pendant 4 mois H24 sans comprendre pourquoi. Jusqu’à ce que ça fasse tilt, et que je reprenne mes habitudes de fumeuse de plus belle. Maintenant j’en ai marre, et ton texte résonne à point en moi. J’en ai marre d’en avoir marre, de puer, d’y passer mon pognon puis de me sentir « bien » puis « dégueu ». Bravo pour ton texte et surtout pour ta décision : je ne te souhaite que du bonheur dans cette nouvelle vie, que j’espère bientôt rejoindre à mon tour !

    • Anahita Auteur du billet

      J’imagine tout à fait l’écho que doit avoir ce texte sur toi.
      Effectivement, je me souviens bien que tu fumais l’E’Cig.
      Courage pour ton futur arrêt, il n’est plus très loin j’en suis sûre.
      Bises Polinette

  • Jeanne

    Bienvenue dans le cercle très fermé des rescapés de cette odieuse et puante (à tous les effets) drogue qu’est la cigarette. J’ai arrêté il y a sept ans maintenant et m’en félicite chaque jour! Tu verras, passé un cap assez laborieux qui ne dure pas non plus une éternité, le reste n’est que bonheur et liberté retrouvée!
    Bises Miss!
    ♥♥♥
    Jeanne
    http://www.fashionmusingsdiary.com