Maman, est-ce qu’on va mourir? 8 commentaires


Gloups.

Mardi. 8h21. Schtroumpfette et moi sommes sur le pas de la porte. Je l’emmène à l’école. Puis la chose tombe, inattendue. Pressante. Oppressante: « Maman, est-ce qu’on va mourir? »

Les questions existentielles, constructives et ardues arrivent toujours comme un incisif couperet, coincées entre l’urgence, la porte pour s’échapper et le couloir.

Dans ma tête, une seconde. Un océan de questions. Vite, trouver une solution. Pas mentir. Pas la dégoûter non plus. Tic tac. 8h22. Dire la vérité. La rassurer. La consoler. On va être en retard. Je dois lui dire, là, Tic Tac, notre issue mortelle.

Elle pleure. Elle ne veut pas mourir. Tu es une menteuse maman.

8h23. Direction le salon. latitude canapé. Les questions sont abruptes. Mes réponses tentent d’adoucir les angles. Je la laisse parler, autant que cela puisse la soulager.

8h40. Schtroumpfette fait la tête. Sur tout le chemin de l’école. Passé la porte de la classe, elle court, elle joue elle sourit. Les enfants ont cette capacité étonnante de bondir du pleur au rire, sans transition. J’explique à la maîtresse les questions existentielles qui ont traversées ma fille ce matin. Elle me conseille d’aborder le sujet avec un support, les livres. Parce qu’ils savent eux, les livres. Parce qu’ils écoutent, les livres.

Les perturbations ont duré la semaine qui a suivi. Puis Schtroumpfette s’est apaisée. Elle a, peut-être, trouvé sa réponse. La vie, précieuse, a repris ses droits.

//La réponse-Une solution.//

Je n’en ai pas. Si vous l’avez trouvée, donnez-la moi vite en commentaire. Je n’ai pas de réponse ni d’explication à la mort. Et c’est ce que j’ai dit à ma fille. Je lui ai fait part de mon incertitude. De notre condition humaine. Ne pas TOUT savoir. Puis elle a pu nous parler à chaque fois qu’elle en avait besoin. Nous l’avons beaucoup écoutée. Et j’ai abordé les religions et les croyances. Lui expliquant que certains pensent que nous devenons fleurs, arbres et fruits. D’autres disent que nous seront des anges, ce qui lui a d’ailleurs beaucoup plu. Ou la théorie pensant que nous serons un chat, puis un loup, puis…A chacun de nous de croire ou d’imaginer. Mais pour l’instant, c’est cette belle vie faite d’amour et de joie qui importe. De copains. De copines. De cadeaux. D’école. D’anniversaires. De dessins. De fierté. D’apprentissages. Et de rires.

Cette question de la mort fut finalement l’occasion de parler de la vie. Qui est parfois ardue. Le rôle de parents ne l’est pas moins. Courage mes chers collègues, la prochaine sera peut-être « maman, comment on fait les enfants? » , à 8h55 dans le bus?  (gloups).

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8 commentaires sur “Maman, est-ce qu’on va mourir?

  • Melody

    Bonjour, cet article est si touchant que j’ai voulu réagir. Peut être lui expliquer que la mort n’est pas une fin en soi , que nous vivons chaque des choses banales et extraordinaires, parfois difficiles, mais qui nous permettent d’apprendre, de grandir et de nous élever vers quelque chose de plus grand. Que finalement la vie elle même c’est une « école »… Lui faire comprendre qu’on a un corps physique mais aussi un esprit, une âme invisible qui vit en tout temps et en tout lieux. Je ne sais pas si ça aide je n’ai pas encore d’enfant mais il est vrai qu’on peut se poser la question quoi qu’il arrive 🙂 bon dimanche !

    • Anahita Auteur de l’article

      @ Melody: Je suis tout à fait d’accord avec toi, cette question de la mort nous touche tous, à tout âge. Et alors quand il faut l’expliquer…à une petite de 5 ans…pas facile. Si elle aborde de nouveau la question, je lui parlerai certainement de l’âme et du visible. Maintenant reste à trouver les mots simples pour qu’elle comprenne cette dualité!

    • Anahita Auteur de l’article

      Mais les enfants ne la posent pas forcément, cette question. Je n’ai par exemple pas le souvenir d’avoir demandé des réponses à ce sujet à ma mère. Mais il faut dire que le thème était particulièrement redouté par elle, son visage se décomposait dès que l’on parlait de mort. Alors forcément, ça ne me facilitait pas la tâche!

  • Melody

    Nous avons perdus notre papy jeudi dernier, ma petite soeur de 5 ans ne comprend pas notre tristesse et nous rassure « mais papy il est avec Dieu maintenant il nous protège et puis il était heureux quand il était vivant » Incroyable! Comme quoi chaque enfant est différent mais une chose est sur ilß restent parfois deconcertant… bonne journée

  • Phypa

    Chez nous aussi, la question « qu’est-ce qu’on devient quand on est mort ? » a été une préoccupation.
    On a donné à peu près les mêmes réponses que toi.
    Paradoxalement, la mort fait partie de la vie, et notre société l’occulte : on ne sait pas quels animaux sont dans la viande qu’on mange, les personnes âgées meurent en maison de retraite ou à l’hôpital. Les enfants nous obligent à réfléchir à tout ça, et c’est vrai, ça tombe souvent n’importe quand. On leur donne une réponse. Ils retournent à leurs activités , et nous on continue à cogiter le sujet « déterré » !