Peut-on encore faire des enfants, avec de tels événements? 6 commentaires


Je suis en terrasse à paris

Désillusion

Pendant que, vers minuit, mon homme était coincé dans un sous-sol à Bastille, je suis passée voir ma fille dans sa chambre.
Elle dormait, paisiblement, emportée dans un monde où mon Petit Poney essayait surement de sauver PoneyVille au milieu des licornes et des étoiles.
Je la regardais dormir. Pensant à l’angoisse qu’était entrain de vivre son père. Pensant au lendemain surtout, à ce demain où je devrais sortir ma fille de sa quiétude, de cette enfance qui devrait être faite de rires, d’innocence. Et d’une promesse d’un avenir heureux.
Au lieu de cela…je me questionne. Dans quel monde évoluera ma fille lorsqu’elle sera adulte? Pourra-t-elle paisiblement aller voir un concert? Profiter de la terrasse d’un café? Jouir de la liberté?

Sommes-nous en guerre? Est-ce cet avenir qui nous attend? Est-ce cet avenir auquel je dois la préparer?

Après l’hiver, le printemps

J’ai vu beaucoup de personnes remettant la parentalité en question depuis les événements de vendredi. « Dans quel monde ferai-je vivre mon enfant? » « Avoir un enfant, dans ce futur incertain, certainement pas ».

La première fois que j’ai pris conscience de la haine et de ce qu’était un attentat, c’est lors de l’explosion du RER C à St Michel. J’étais jeune, et cet événement m’avait beaucoup marqué, à tel point que je n’osais plus prendre les transports en commun, j’en faisais des cauchemars. Je n’arrivais pas à croire que de tels actes puissent exister-en vrai, dans ma ville, à cette station que j’empruntais si souvent.

Aujourd’hui, je suis mère. Et ce qui s’est passé vendredi avait comme une saveur de déjà vu. Avec l’avenir de nos enfants en perspective. Dans quel monde les a-t-on accueillis?

Je ne sais pas quel est notre avenir. Et quelque part, il me fait peur.

La seule chose dont je suis certaine cependant, c’est que nous devons refuser de laisser la mort et la haine s’immiscer de cette façon dans notre pays. Moi, je ne veux pas faire la guerre. Et aucun de nous ne le veut d’ailleurs.

Notre réponse est donc dans l’amour. Et la vie, surtout. Et cette vie, je la vois dans ces futurs printemps ensoleillés et chantants qu’est notre jeunesse. Ses sourires délicieux sont l’avenir de notre pays.

Parce qu’ils « peuvent couper les fleurs, ils ne seront jamais les maîtres du printemps. » Pablo Neruda

Toutes mes pensées vont aux familles des disparus. Et à ceux qui ont survécu.

Merci de m’avoir lue, à bientôt.

Anahita.

 

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